Pour faire rébarbatif, la pensée féministe est un courant d’idées, à la fois politiques, philosophiques et sociales, visant à mettre en place de nouveaux rapports sociaux de par la fin des inégalités fondées sur le genre en provenance de la tradition.
Mais en fait, le féminisme, c’est loin d’être rébarbatif !
Pour commencer, on ne peut pas nier sa nécessité. Historiquement, dans les sociétés pré-modernes, les femmes ont toujours été exclues des sphères où les hommes régnaient en maîtres : ainsi de la sphère politique, publique, économique, etc. Les femmes étaient avant tout… un utérus ! L’argument biologique prime alors avant tout, et les différences de sexe sont utilisées pour réduire les femmes à la maternité. Tout ça est un temps révolu, me direz-vous ! Et si je vous disais que :
- la première cause de mortalité chez les femmes de 18 à 45 ans, c’est les violences conjugales
- on demande toujours à une femme politique comment elle arrive à concilier vie familiale et vie politique, alors qu’on ne pose pratiquement jamais cette question à un homme politique.
- 99% des terres cultivées du monde appartiennent à des hommes alors que les femmes produisent 70% des cultures vivrières, et qu’elles représentent 70% des plus pauvres du monde.
- dans le monde, chaque année, 2 millions de petites filles sont excisées et s’ajoutent au 100 millions de femmes mutilées du sexe.
- quand un soir dans la rue, une femme a des ennuis alors qu’elle porte une jupe, c’est que, « quand même, elle l’a un peu cherché »
- on a beau dire que la parité est acquise alors que dans la plupart des cas, c’est LA secrétaire et LE patron
- à travail égal, un homme touche 20% de plus qu’une femme
- on parle « des hommes » pour parler de l’humanité
- « le féminisme n’a jamais tué personne alors que le machisme tue tous les jours »
Croirez-vous toujours que le féminisme est dépassé ?
Beaucoup voient en la pensée féministe une haine anti-hommes, alors que la promotion des droits des femmes ne signifient en rien la fin de ceux des hommes ! C’est vouloir une parfaite égalité : pas seulement sur le papier, mais aussi dans les faits. C’est aussi améliorer la perception que les femmes ont d’elles-mêmes (pourquoi nombre de femmes acceptent-elles et légitiment-elles l’oppression qu’elles subissent ?). C’est pouvoir accéder à une contraception libre et gratuite. C’est mettre fin aux violences conjugales (en France, une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son conjoint). C’est mettre fin à l’hétéro-normativité. Être féministe, c’est vouloir être (enfin) libre.
(Prochain épisode : les différents courants féministes)